Chaque mois de mai, le Domaine d’O se transforme en vaste terrain d’exploration artistique, où l’enfance devient un langage universel. Pour sa 27e édition, le festival Saperlipopette confirme ce qui fait sa singularité ; une programmation exigeante pensée autant pour les plus jeunes que pour ceux qui les accompagnent. Ici, le spectacle vivant se vit comme une expérience sensible, immersive, souvent surprenante.
Sous les pins, entre clairières et théâtres, les formes se croisent et dialoguent. Le cirque contemporain ouvre le bal avec Petit Frère, fresque acrobatique aux résonances sociales, tandis que Pour Hêtre transforme un arbre en partenaire de jeu aérien et organique. La poésie visuelle s’incarne brillamment dans L’après-midi d’un foehn – Version 1 de Phia Ménard, où de simples sacs plastiques deviennent créatures dansantes, portées par le souffle du vent. Une proposition aussi fragile que fascinante.
Côté images, Dark Circus impressionne par sa capacité à mêler dessin, musique et marionnette pour donner naissance à un véritable film en direct, oscillant entre noirceur et émerveillement. La danse n’est pas en reste avec Ce que le jour doit à la nuit, pièce intense transmise par Houssni Mijem, qui explore les origines et la mémoire à travers le corps.
Plus sensoriel, Flotante invite les tout-petits à une immersion délicate, quand Tandem joue la carte d’un théâtre gestuel tendre et burlesque. Enfin, La Boîte embarque le public dans une expérience électro collective, entre lâcher-prise et énergie brute.
Au-delà des spectacles, ateliers, installations et rencontres prolongent l’expérience. Saperlipopette ne se contente pas de divertir : il façonne le regard, éveille les sens et tisse, le temps d’un week-end, un lien précieux entre les générations. Une échappée belle, nécessaire et inspirante.


