Du 22 au 25 avril 2026, Pézenas ne sera plus tout à fait Pézenas : elle sera poézénas, musiquézénas, bobylapointisée jusqu’au bout des pavés. Vous l’avez compris, Le Printival revient, et avec lui cette façon bien à lui de faire valser les mots, de chatouiller les consonnes et d’embrasser les refrains comme on embrasse la vie — à pleine bouche, à plein cœur, à plein chœur. Car c’est ici que plane l’ombre rieuse de Boby Lapointe, l’acrobate des syllabes, le funambule des calembours, celui qui faisait rimer tendresse et malice, profondeur et farce, et qui prouvait qu’on peut être léger sans être futile, drôle sans être creux, populaire sans jamais être ordinaire. Ici vous l’avez saisi, dans sa ville, on ne l’honore pas en silence : on le célèbre en chansons, en contrepèteries à peine sages, en refrains qui serpentent et en éclats de rire qui ricochent sous les platanes de la Place-au-Bled .
Le Printival déroule quatre jours comme on déroule un tapis volant : Zaza Fournier ouvre la danse avec sa fièvre humaine, une fièvre qui ne brûle pas, qui éclaire ; David Walters fait lever les soleils et chalouper les hanches ; Dimoné déplie ses paysages intérieurs comme des cartes au trésor ; Mathilde, combattante tendre et amazone des temps modernes, chante et se voit chansignée pour que la musique se voie autant qu’elle s’entende ; Alma Rechtman murmure et griffe à la fois ; Vaudou Game invoque les transes joyeuses ; Full Tükan électrise les corps ; Arman Méliès, Mélissmell, Picon mon amour, Marie Jay, Antes & Madzes et tant d’autres ajoutent leurs couleurs à la palette.
Ici, la chanson ne se contente pas de passer : elle s’installe, elle s’entrelace, elle s’entête. Elle se vit à midi sur la place Gambetta, à 19h quand le soir hésite encore, à 21h quand les scènes s’embrasent, et jusque dans les ruelles où l’on fredonne sans s’en rendre compte. Elle se fabrique aussi, patiemment, avec le Parcours Chansons et Destination Gaspésie–Occitanie, comme on pétrit un pain de mots, comme on assemble des notes pour qu’elles deviennent maison commune.
Et puis il y a les Fantaisies du Printi’, ces petits à-côtés qui sont des essentiels : radios en direct, dessins qui croquent l’époque, vinyles qui craquent sous l’aiguille, expositions où l’on regarde la musique avec les yeux. Et la Grande Marinade, marée de marinières, océan rayé où l’on se fond dans le collectif — car à Pézenas, on ne compte pas les moutons, on compte les marins d’eau douce et les marinières d’eau salée.
Le Printival, c’est un festival qui refuse de choisir entre le rire et le frisson, entre la danse et la pensée, entre l’intime et la foule. Il préfère l’accordéon des contraires, la syncope des sentiments, la poésie qui cligne de l’œil. Un festival où l’on vient comme on est, d’où l’on repart un peu plus vibrant, un peu plus vivant, avec dans la tête des refrains qui font des ricochets et dans le cœur cette certitude douce : tant qu’il y aura des mots pour s’aimer et des notes pour les porter, Boby ne sera jamais loin, et la chanson ne nous quittera pas.
Du 22 au 25 avril 2026 – Pézenas (34)
Infos et billetterie : www.printivalbobylapointe.com
Quatre jours pour rire, danser, réfléchir, rêver… et faire rimer fantaisie avec poésie.


