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rolex swiss who sells the best replica watches fuses fifteen confusing tools in tense monitors. L'impatience de la Halle Tropisme... - Let's Motiv

L’impatience de la Halle Tropisme…

Bonjour Vincent CAVAROC, comment est-ce que ça va ?

C’est comme un petit yoyo émotionnel qui passe par de grands moments de motivation, même si en début d’année, je me disais « allez, on a laissé le pire derrière nous… »

Il y a quand même certains endroits de satisfaction. C’est dans la crise que l’on arrive à collaborer avec plein de gens, notamment l’élan créé avec l’appel des indépendants où nous sommes arrivés à associer 1600 structures autour de préoccupations communes. Des sujets de fond qui avancent parce que quand on a un lieu en ordre de marche avec plus de 400 évènements par an, on est quand même dans une espèce de vortex qui englobe tout. Là, avec moins d’exploitation forcément, nous avons plus de temps pour structurer les choses, c’est plutôt positif. Là où le yoyo émotionnel se pose, c’est surtout que l’on ne voit aucun terme à cette crise, et du coup impossible de se projeter dans un départ, un nouveau départ. On fait, on défait, c’est un peu le rôle de tous, et avec quand même des petits coups de gueule que l’on a envie de porter et de pousser quand on voit que l’on n’est pas encore foutu de valider un protocole pour des lieux aussi simples que les théâtres ou les cinémas, là où on ne se pose absolument pas la question au niveau de l’État de maintenir ou pas les soldes.

On a quand même un peu l’impression que notre poids d’acteur culturel est très très limité dans tout ce jeu-là. Certes, on ne rivalise pas avec le commerce et avec l’économie, alors que notre secteur est sans aucun doute aussi important.

L’envie du moment est de trouver tous les moyens d’hacker le système pour continuer à faire des choses en utilisant les codes d’autres endroits. Par exemple, nous avons ouvert un Emmaüs à la place du café Tropisme. Concrètement, on reprend les codes du commerce et on les applique à un endroit qui est empêché. Maintenant plutôt que de se sentir victime, on va voir comment, selon ces règles très contraignantes, on va arriver à jouer des codes pour nous aussi ouvrir, continuer à mobiliser, être un lieu d’entraide et de solidarité envers les plus démunis, les jeunes, et ceux qui ont la nécessité de sortir de chez eux.

 

Si on devait remonter un an en arrière, avec le recul, vous apportez quelles réflexions sur la Halle Tropisme ?

Il y a un an, en mars, on a directement basculé sur une programmation en ligne en se disant que c’était très temporaire et autant le vivre comme une expérience assez inédite pour continuer d’alimenter la communauté en ligne. C’est quelque chose qui est mort assez rapidement, car les gens en avaient un peu marre de vivre des choses à distance.

Après on s’est dit « allez, cet été on sera bon, ça va repartir », mais on n’avait pas réellement pris la mesure des choses. On s’est très vite aperçu que l’on était dans l’angle mort de tous les plans de relance sectorielle liés à la culture parce que nous proposons un projet assez complexe. On est à la fois salle de concert, lieu d’exposition, à la fois centre social, restaurant, un lieu d’écologie… et c’est plutôt bon, car cette complexité c’est notre richesse par rapport aux gens qui nous suivent et ce qui nous a permis d’avoir beaucoup de publics différents. Mais c’est aussi notre caillou dans la chaussure par rapport aux tutelles, parce qu’on ne nous identifie pas clairement comme un endroit. Aujourd’hui, les seuls endroits où nous avons pu avoir du soutien, ce sont les mesures de droit commun, c’est-à-dire le chômage partiel, essentiellement et des allègements de loyers. On a pu compter aussi sur une très grande bienveillance de la part des collectivités locales surtout la Ville et la Métropole, mais nous n’avons pas pu aller vers des aides sectorielles de la culture, car nous ne sommes pas un label national. Ce qui pose des questions d’ailleurs pour l’avenir et des questions de fond de comment les lieux évoluent finalement plus vite que les institutions, qui peinent à nous qualifier ou à nous définir.

Quand même pour rassurer, on a fini l’année 2020 dans un état économique pas totalement catastrophique. Évidemment, en rentrant dans les chiffres, on a plus d’un million d’euros de perte de chiffre d’affaires. Finalement, on perd de l’argent, mais on avait clairement peur de plier, car il est bon de rappeler que notre projet est à 90 % autofinancé, que derrière la Halle Tropisme, c’est une coopérative qui gère d’autres activités avec plus de 55 salariés. On a la chance d’être sous ce statut coopératif et de jouer de la solidarité des activités au sein de la coopérative. Certaines, comme la formation, ont bien fonctionné grâce au distanciel, d’autres ont complètement plongé comme notre service secrétariat social qui gère beaucoup moins de choses. Mais l’ensemble fait que l’on se maintient. Après, évidemment, on est un colosse au pied d’argile dans le sens où 55 personnes dans la culture indépendante c’est beaucoup, et à la fois on reste conscient que si dans les 3 prochains mois, si certaines aides de droit commun sont enlevées, on plongera complètement. À ce jour, on mise sur un début de relance à partir d’avril, mais les dernières annonces font peur.

 

On est parti un an en arrière, je te propose de faire un bon d’un an en avant, en mars 2022. Est-ce que l’on peut espérer retrouver la Halle Tropisme comme elle était avant ou est-ce qu’il y aura forcément des cicatrices ?

Côté nouveautés, c’est sûr il y en aura, car nous profitons aussi de ce temps off pour nous atteler en interne à amener de nouvelles fonctions. Là, il y a déjà un boulanger au feu de bois qui nous rejoint, on travaille sur un nouvel espace enfants, de nouveaux espaces de solidarité, on refait tout le corner Emmaüs. C’est vraiment l’un de mes objectifs, il faut que quand les gens reviennent dans ce lieu, il y ait de la nouveauté.

Des cicatrices, on risque d’en avoir ! La plus grande zone d’incertitude est liée aux nouveaux usages du public. C’est-à-dire qu’en fait, ce que l’on ne sait pas, c’est si le public sera au rendez-vous. Alors oui bien sûr mes amis et collaborateurs me disent « mais quand la Halle va rouvrir, on sera là ». Mais évidemment, nous avons attiré plus de 100 000 personnes la première année et ce ne sont pas que des gens que l’on connaît. C’est un public assez large et ceux qui ont goûté à une vie un peu plus binaire travail-famille finalement peuvent se dire : bon, certes on manque un peu de fun, mais ce n’est pas si mal aussi. Qu’en est-il du retour dans ces lieux-là ? On aura toujours les aficionados, les gens qui veulent sortir, on aura toujours du monde sur une soirée électro, mais cette fréquentation, à laquelle on tient et qui est aussi garante de la diversité de notre public, je ne sais pas. Les personnes âgées, le voisinage, on ne sait pas comme cela va impacter. On rentre quand même dans le triomphe des Gafa et des commandes internet et nous, nous sommes à l’opposé de ça. Notre lieu, sa raison d’être est que les gens viennent se toucher, viennent partager un truc en étant côte à côte. Quand je pense que 20 jours avant le premier confinement, on faisait Laurent Garnier avec plus de 1000 personnes dans la salle, aujourd’hui ça nous paraît être un scénario de science-fiction. Qu’en sera-t-il dans un an ? J’espère que l’on aura cette même envie de partager un format, une émotion comme ça à 500, 800 ou 1000 personnes. Les cicatrices risquent d’être là. Après je reste un mec très positif, j’essaie de consolider notre économie pour que dès que ça repart on puisse tout donner.

 

En ce début d’année, qu’est-ce que l’on peut vous souhaiter à toute l’équipe de la Halle Tropisme ?

Un, c’est un souhait que l’on peut faire à tous les acteurs de la culture : que l’on nous prenne un peu plus au sérieux, que l’on nous donne des protocoles clairs et surtout une date où l’on puisse se remettre à travailler

Deux, de ne pas tomber dans le cynisme. Ne surtout pas baisser les bras, ce serait trop tentant de se dire « stop, à quoi bon, finalement on n’est pas si essentiel » comme beaucoup tendent à le dire.

Trois, que demain ressemble un peu à hier…

 

Halle Tropisme Montpellier
121 Rue Fontcouverte
34000 Montpellier
La Halle Tropisme - Montpellier

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BOUTIQUE ÉPHÉMÈRE EMMAÜS, COLLECTE ET SOUTIEN AUX RÉFUGIÉS
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-CANCELED – INSTALLATION ARTISTIQUE COLLABORATIVE

© Marielle Rossignol

 

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