L’âge d’or du rap français : des nouvelles de Stomy Bugsy

À l’occasion de la tournée l’Age d’or du rap français qui déboule jeudi 16 mars au Zénith de Montpellier qui réunit Ärsenik, Assassin, Busta Flex, Daddy Lord C, 2BAL, Expression Direkt, K-Reen, La Cliqua, Matt Houston, Ménélik, Ministère ÄMER, Nèg’Marrons, Nuttea, Passi et de nombreux autres, on a pris des nouvelles de Stomy Bugsy. Los Angeles, sa vie de metteur en scène, l’indépendance de l’Afrique, sa transition vers le végétalisme tout y passe ! Pour finir nous l’avons soumis à quelques questions flashs…


 

stomy_bugsyTout d’abord, comment vas-tu ?

J’ai la pèche. On vient de répéter avec Dj Noise. Le show va être bien, on a modifié quelques éléments depuis la date au Casino de Paris. On a ajouté plus de morceaux et plus de medleys.

Pour quelles raisons ?

Tout simplement parce que Valérie qui s’occupe de la direction artistique, et les artistes aussi, n’ont pas envie de faire en permanence le même show.

Donne-nous un peu de tes nouvelles, où étais tu et qu’as-tu fait ces dernières années ?

J’habitais à Los Angeles depuis 4 ans et demi.

C’est Trump qui t’a fait fuir ?

J’ai senti que le vent allait tourner (rires). Non je rigole, je serais resté mais j’ai eu un petit garçon en France. Il a trois ans et les allers retours ce n’était plus possible. J’ai besoin d’être près de lui et de ma famille. Le soleil de la Californie me manque mais le regard et le sourire de mon fil me réchauffe.

Ça t’a plus les USA ?

C’était excellent. Je voulais y aller depuis tout jeune, mais comme je suis devenu père à 20 ans, je n’ai pas pu partir à ce moment-là. J’ai adoré l’énergie de la ville, des gens. Je suis un pur produit du hip hop, là j’étais à la source. Même si la France m’a manqué ; la culture, la simplicité, l’architecture, la proximité avec les gens, c’était une très belle expérience.

Qu’as-tu fait là-bas ?

J’étais là-bas pour prendre des cours de théâtre, à l’école Stella Adler (NDLR : Stella Adler Academy of Acting) sur Hollywood Boulevard. J’ai participé à cinq pièces de théâtre.

Au sujet de la tournée, si on devait faire un musée du rap français, on vous mettrait dedans. C’est canonique ce genre de tournée ou c’est flatteur ?

C’est ultra flatteur. Ça veut dire qu’on a marqué l’époque et la musique française. Sans dénigrer la tournée « Stars 80 », quand tu écoutes, c’est très spécifique, directement identifié 80’s. Avec la tournée de l’âge d’or du rap français, c’est différent, le son n’a pas vieilli, c’est encore d’actualité. C’est flatteur et surtout c’est l’envie de faire plaisir au public.

L’idée t’a emballé tout de suite ?

J’ai dit oui tout de suite à Valou (ndlr : Valérie Atlan) qui a organisé la tournée. Chapeau à eux d’avoir monté ce grand évènement, c’est pas donné à tout le monde. Tout le monde la connait, tout le monde sait qu’elle aime profondément le hip hop. C’était l’une des seules personnes à pouvoir monter ce show. Il faut vraiment être un passionné. Puis il faut aussi gérer les égos, les histoires personnelles des artistes…

Tu avais envie de remontrer sur scène ?

En ce moment je suis concentré sur l’écriture de scénario et de mises en scène. Je viens de travailler sur une pièce avec l’artiste David Desclos (NDLR : Ecroué de rire) au théâtre du Gymnase sur Paris. C’est un ancien cambrioleur spécialisé dans la neutralisation des systèmes d’alarmes et de coffre-fort. Il a pris 10 ans de prison, il s’est évadé, il raconte toute ça dans le spectacle. Et je viens de finir d’écrire la pièce Mon papa à moi est un gangster que je dévoile à Paris en septembre.

Le théâtre t’a toujours fait vibrer ?

Quand j’étais petit j’en faisais !

Tu écoutes quoi dans la nouvelle scène du rap français ?

Je n’écoute pas beaucoup de rap français parce qu’à chaque fois ça me donne envie d’écrire un nouvel album. Pareil pour la boxe, j’en ai fait longtemps et chaque fois que je vais à la salle, j’ai envie de m’y remettre. Je préfère me concentrer sur la mise en scène. Soit je passe deux mois sur un truc à fond, soit je ne le fais pas. J’suis limité c’est tout (rires). Tu sais on est limité par rapport aux femmes nous ! On ne peut pas faire plein de trucs à la fois.

A l’époque tu disais qu’« être femme c’était le même combat que d’être black », tu penses que la société a évolué là-dessus depuis 20 ans ?

Oui ça a évolué mais il y a encore toujours de nombreux combats à mener. Aussi bien pour les femmes qui, aux USA comme en France par exemple, ne sont pas payées à l’égal des hommes. Les préjugés ont la dent dure aussi. Les femmes n’accèdent toujours pas à des postes de grands manageurs, on pense qu’elles ne vont pas pouvoir gérer famille et carrière.

Et être black, que ça soit au cinéma, dans la musique ou au travail, y’a d’énormes progrès à faire. De toute façon, tant que l’Afrique n’appartiendra pas aux africains on ne pourra jamais dire qu’un noir est respecté sur Terre. Son propre continent d’origine n’est même pas le sien. Les ressources naturelles ne leur appartiennent pas. Le franc CFA, c’est une monnaie qui est encore contrôlée par l’Europe…. Ouai, y’a encore beaucoup à faire pour les droits des femmes et des africains.

Aujourd’hui le rap en radio c’est, à quelques exceptions près, beaucoup de lifestyle superficiel dans les textes, à l’époque vous étiez carrément engagés…marketing ou évolution naturelle ?

J’ai plusieurs avis là-dessus. Déjà je me refuse de juger ou de donner mon avis. Déjà ça peut faire vieux con. C’est comme si à l’époque on nous avait jugé. Je dirais que chaque génération à la musique qu’il mérite… C’est au radio d’aller dénicher les bons rappeurs et les talents émergents. Mais ils décident de mettre en lumière d’autres personnes qui rentrent dans leurs moules et surtout qui collent à l’image qu’ils veulent donner de la jeunesse et de la banlieue. Des mecs talentueux y’en a encore vraiment partout. Si tu aimes la musique, tu sais d’office que tu ne vas pas la chercher sur les radios mainstream. Il ne faut pas se plaindre. Faut être curieux.

Ca fait quoi de tous se retrouver ?

C’est très spécial.

[Au cours de l’entretien nous évoquons une grande nouveauté dans la vie du rappeur]

Je suis devenu végétalien depuis, je ne vois pas les animaux comme de la nourriture je vois des êtres vivants, au même titre que toi et moi, on est la même espèce.

Tu es végétalien depuis quand ?

Depuis avril 2016, ça a complètement transformé ma vie et ma vision du monde. Je mange plus de cadavre, plus de sang. Au jour de l’an je voyais le porcelet tourner dans le four, j’ai vu des oreilles, un nez des yeux des ongles, ça m’a dégouté.

D’où vient ce déclic ?

Les travaux du docteur Sebi aux USA qui a fait de longues études sur l’hybridation de la nourriture. Mon oncle Aurélien Duarte, champion du monde de boxe, boxe thaï et karaté est aussi devenu végétalien, il m’a beaucoup influencé.

age or rap francais

QUESTIONS FLASH :

Ta dernière addiction ?

Ohlala j’en ai plein et j’essaye de m’en débarrasser ahahah. Mais mon addiction en ce moment c’est le sourire de mon fils.

Ta dernière colère ?

Je suis super zen. J’évite de me mettre en colère.

Ta dernière larme ?

En fait, je vais mettre la colère avec la tristesse. J’avais stocké des affaires dans la cave, chez ma mère. Une partie a été inondé. Des photos ont été touché dont la seule que j’avais de mon chien Blacky que j’avais eu à 7 ans. Cette photo a été détruite, ça m’a vraiment foutu les boules.

Ta dernière joie ?

Ma copine m’a proposé d’aller au Cameroun faire un concert avec elle mais j’ai refusé comme ça je peux passer une semaine tranquille avec mon fils en tête à tête. Il est toujours collé à sa mère, alors là c’était l’occasion d’avoir la vedette !

Ton dernier fou rire ?

Vu que je suis en train de terminer l’écriture de la pièce mon papa à moi, je me marre tous les jours avec le personnage de Bartholomé, Barto.

Ta dernière embrouille ?

Je m’embrouille rarement. Mais c’était avec les organisateurs de la tournée de l’âge d’or du rap français au sujet d’une promo que je ne voulais pas faire.

Ta dernière scène ?

C’était y’a un mois sur Paris à l’occasion d’un hommage pour l’anniversaire de la mort de 2Pac Shakour.

Ton dernier mot ?

Ce qui est bien dans cette tournée de l’âge d’or du rap français c’est que tous les gens que vous allez voir sur scène sont des passionnées. Ce sont des gens qui ne sont pas arrivés dans ce milieu pour se faire de l’argent. A l’époque y’en avait pas à se faire. Ils vont vous donner beaucoup sur scène et j’espère que vous allez être nombreux !

> Jeudi 16 mars 2017 au Zénith de Montpellier
https://www.facebook.com/LageDorDuRapFR/

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