On a taillé la bavette avec Talisco !

En 2014, le premier album de Talisco voit le jour, il s’appelle Run et marque le début d’une suite de réussites pour Jérôme Amandi. Pour lui d’ailleurs rien ne sert de courir. Depuis deux ans les concerts en France et à l’international s’enchaînent et son nouvel album Capitol Vision, marqué par un voyage dans la cité des anges, s’inscrit déjà dans la lignée des succès.Sollicité, Jérôme l’est, et c’est donc un peu au dépourvu qu’il nous répond depuis Paris. Au milieu des bruits de la ville, celui qui avait oublié notre rendez-vous à pourtant des choses à dire, entre soif de liberté et création quotidienne, petite immersion dans l‘avis d’un rêveur.

 

Talisco c’est toi Jérôme, quel est le concept ? Tu ne veux pas dévoiler la signification de “Talisco” pourtant c’est la première chose qui te définit…

Ce n’est pas que je ne veux pas dévoiler la signification, j’en dis la moitié, même plus que la moitié. Talisco c’est un hommage que je fais à quelqu’un que j’ai connu par le passé mais qui n’existe plus à ce jour, donc on peut supposer que c’est quelqu’un de la famille ou autre mais après c’est vrai que je n’en dis pas plus, je le garde pour moi, c’est un peu ma bonne étoile ! Après le projet Talisco c’est très naturel, je ne me suis pas créé un personnage ou quoi que ce soit. Je suis plus un outsider, je suis plus dans mon studio à créer de la musique au quotidien, à faire des choses, à imaginer des choses qu’à vouloir créer un personnage, un spectacle, ou autre. Du coup c’est moi-même, je suis quelqu’un qui fait de la musique au sens propre du terme, les choses viennent progressivement et puis je m’amuse à faire des albums qui parlent de certaines choses, autour desquelles je crée un univers… il y a une recherche artistique mais purement dans la musique et dans ce qu’elle raconte. Moi je ne suis qu’un instrument qui vient créer le résultat c’est tout. C’est bien flou ce que j’ai raconté c’est parfait (rires).

Tu composes, enregistres, chantes… si tu pouvais être le seul sur scène tu le serai ?

Non non, c’est chiant (rires). Non vraiment, ou alors ce serait parce que ma musique s’y prêterait et là ce n’est pas le cas ! Quand je compose ma musique y’a plein d’instruments, j’en rajoute des caisses et des caisses donc forcément à un moment donné l’idée de l’interpréter seul c’est très très chiant… C’est pour ça que je m’entoure de musiciens Thomas et Gaultier, mais je ne les considère même pas comme des musiciens, je crois qu’on a créé un groupe sur scène, en fait. Depuis le début on est ensemble donc oui, sur scène c’est un groupe à ce jour.

D’ailleurs Talisco, c’est plutôt le studio ou la scène ?

Aujourd’hui c’est les deux, l’un ne va plus sans l’autre. Je passe beaucoup de temps au studio, après c’est un vrai bonheur et un sas de décompression de pouvoir jouer les morceaux sur scène, de pouvoir les partager avec un public. Au début c’était plus compliqué maintenant c’est un pur plaisir. Mais initialement je suis plutôt quelqu’un du studio, j’ai appris à appréhender la scène, avant Talisco j’avais dû faire cinq concerts dans ma vie !

Entre ton premier et ton deuxième album Talisco a évolué assez rapidement ? Tu projetais ce genre de succès ?

Non, non pas du tout ! Moi ma première ambition elle est modeste, enfin elle est déjà importante mais elle est modeste, c’est me lever le matin et d’avoir comme seul souci de faire de la musique… Ce qui est déjà une belle ambition. Mais après je n’ai pas celle de devenir une Lady Gaga, j’ai pas ce désir de vouloir exploser les compteurs, ça ne m’intéresse pas ça. C’est tellement confortable et tellement génial de pouvoir, au quotidien, avoir comme seule occupation, comme seul intérêt de faire ce que t’aimes, que ça me va ! Et c’est déjà compliqué de garder ça. Mais entre le premier et le dernier album je ne savais pas que ça pouvait continuer de se développer et aller un petit peu plus loin. C’est le cas et je trouve ça génial, que ça dure le plus longtemps possible.

Plusieurs de tes chansons ont été des bandes son de publicités, est-ce que cela à eu un réel impact sur votre notoriété, tu as vu un avant et un après ?

Complètement ! Mais ça c’est quelque chose qui m’a un peu dépassé, ça n’a jamais été prévu… L’univers artistique c’est mon domaine, je le protège et je me protège de tout ce qui est médiatique et marketing. Aujourd’hui la musique, la communication, le marketing, ça flirt mais ce n’est pas indissociable. Moi je me protège de ça, je ne veux pas faire de la musique pour faire de la pub, je veux faire de la musique juste parce que je kiffe. Si je devais faire de la musique pour la pub j’aurais changé de métier, je bosserais en interne dans une agence de com’. Mais je ne regrette pas ce qui m’est arrivé ! Aujourd’hui la démarche est complètement différente. Je fais ma musique et des agences de com’ veulent l’utiliser, mais tant mieux ! Pour moi c’est plutôt flatteur, ça me permet d’être un peu plus connu, mais je ne vais pas le chercher.

C’est ton voyage aux États-Unis qui a influencé Capitol Vision, dans quel cadre s’est il passé ?

En fait, ma vie personnelle et ma musique, c’est la même chose, je ne dissocie pas les deux. Ma musique c’est ma vie. Donc je voyage pour le plaisir mais aussi parce que j’en ai besoin. D’un point de vue artistique j’ai la nécessité de me nourrir de choses extérieures pour pouvoir après l’exploiter. J’ai toujours plus ou moins voyager aux Etats-Unis, et le fait d’avoir maintenant les deux pieds dans la musique ça m’y a encore plus poussé ! Parce qu’il y a quelque chose qui m’éclate aux États-Unis, enfin quand je pense à ce pays je pense plutôt à à la Californie et encore plus à Los Angeles, c’est vraiment une ville qui m’ouvre, tout le temps. Il n’y a plus de perspective artistique, c’est une espèce d’océan de créativité ! Tu peux faire ce que tu veux à Los Angeles, il n’y a pas d’idées reçues, tout ce que tu fais peut être cool et les gens sont hyper curieux, de toute façon. Les domaines artistiques sont très larges, tu peux tout le temps te réinventer, il n’y a pas un style il y en a des milliers, et donc, tu peux faire des choses assez inattendues sans complexe.

En parlant de style, à quoi ressemble ton public tiens ?

C’est hyper large, et en plus ça dépend des régions et des pays ! C’est trop bizarre ! En France on a un public qui est assez large, qui se rajeunit peut-être à cause des publicités je ne sais pas, mais en Allemagne c’est encore plus jeune ! Enfin pas non plus 14 ans, on va dire une moyenne autour des 20, 25 ans, alors qu’en France c’est 20, 40 ans.

Dans d’autres interviews tu dis que tu n’es pas baroudeur, que ton voyage n’était en rien l’american dream… Tu as l’air assez terre à terre, pourtant tu parles souvent de fantasmes qui t’inspirent, c’est quoi, qui te fait rêver ?

Y’a tellement de trucs qui me font rêver… Moi j’aime la liberté donc à partir du moment où je me sens ne serait-ce qu’un poil enfermé je vais déjà commencer à rêver de me sentir libre. Et me sentir libre c’est ce qui me fait avancer de manière générale, et ça passe forcément par le voyage. Ca peut aussi passer par une image, une musique, une émotion… C’est quelque chose qui m’évade, mais qui peut passer par n’importe quoi. Voilà c’est vraiment une nécessité de sentir que je ne suis pas attaché, lié à quelque chose. J’aime bien avoir le contrôle de ce que je fais…

Tu as fait deux albums entièrement en anglais, ne pas chanter en français est un parti pris ?

Je ne boude pas le français, c’est juste que je n’ai pas de vraies affinités avec. J’écris des textes en français et même en espagnol, mais j’ai grandi avec des parents qui écoutaient de la musique anglo-saxonne, bien qu’ils soient espagnols. C’est cette musique qui me parle, qui sonne à mon oreille plus que n’importe quelle musique.

Et dans ton nouvel album, quelle serait ta chanson favorite ?

Alors, je ne peux pas parler de chanson préférée, je dirais plutôt celle qui a été la plus compliquée à livrer, et c’est Behind the River. Je crois que c’est l’avant dernière chanson de l’album, et c’est un morceau qui parle du voyage vers la mort. J’ai perdu mon oncle avec qui j’étais très proche il y a deux ans de ça et d’une certaine façon il y a trois morceaux dans lesquels je lui rends hommage, et celui-ci en fait partie. Il était un peu plus compliqué à écrire parce qu’il allait vraiment chercher des choses que j’avais très enfouies au fond de moi, donc oui ça n’était pas simple. Mais après, est-ce que c’est mon morceau préféré, non, mais c’est celui qui m’a le plus marqué. D’ailleurs je le joue sur scène et j’adore ça.

 

Et dans le futur, qu’est-ce qui est prévu ? un nouveau voyage pour de nouvelles inspirations ?

Franchement, j’ai beaucoup de chance, je voyage beaucoup, et je n’ai pas spécialement “besoin” du voyage. Je suis quelqu’un d’assez contemplatif, je regarde tout ce qui se passe autour de moi et je me nourris des choses. Je ne projette pas de faire un voyage pour faire un troisième album, je ferais un troisième album, c’est sûr et certain mais ce sera quelque chose de différent. Le voyage fait partie de ma vie, je bouge beaucoup, ce n’est pas un impératif car ça arrive, de toute façon.

 

→ L’album Capitol Vision est sorti le 27 janvier dernier

Talisco est en tournée dans toute la France et le 9 mars au Rockstore.

www.taliscomusic.com/

 

Propos recueillis par Noémie Arensma

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