La (très) bonne humeur de Flavia Coelho

VISUEL ALBUM - Flavia coelhoSuite à la sortie de son troisième album, Sonho Real, l’artiste brésilienne est de nouveau sur les routes. Avec son bossa muffin entrainant et communicatif elle enflamme avec ses musiciens les salles combles depuis quatre ans.

Avant son passage à Bédarieux, nous lui avons posé quelques questions !

Bonjour Céline !
Bonjour Flavia !
Bonne année !
Meilleurs vœux !
Meilleurs vœux, santé, bonheur, jusqu’au 30 janvier on peut le dire !

Tu prends des résolutions toi ?
Mes résolutions se sont les mêmes depuis que j’ai commencé à en prendre ! Ça fait très longtemps (rires) ! Et ma résolution c’est de vivre mon présent.
Comment tu te sens sur scène avec ce nouvel et troisième album ?
Sur scène j’ai la chance d’avoir toujours mes amis musiciens avec moi, dont Victor-Atilla Vagh qui me suis dans une troisième aventure effectivement ! Pour moi c’est la conclusion de mes objectifs depuis que j’ai pris la décision de venir en France pour faire mes albums. Mon premier album je l’ai fait pour mon père et me prouver à moi-même que j’en étais capable, après toutes les années de travail que j’avais derrière moi. Le second c’était la continuation de ce plaisir et ce troisième confirme que j’ai choisi le métier que j’aime et que je peux partager avec d’autres personnes.
Peux-tu me raconter la rencontre avec ton musicien et producteur Victor-Atilla Vagh ?
Je chantais dans le cabaret parisien Les Trois Maillets qu’il fréquentait puis un ami commun nous a un jour présenté. Je commençais à faire les premières maquettes de mon premier album et je suis allée dans son studio, il a écouté. Je lui ai expliqué mon envie de faire de la musique brésilienne et d’utiliser la bossa nova autrement, hors de sentiers traditionnels. Lui est issu d’un groupe de reggae et il avait envie de faire des choses différentes et finalement on ne s’est plus quitté. On fait de la musique ensemble, on enregistre ensemble, on partage la scène… On a une osmose qui marche très bien.
Qu’est-ce l’histoire de Sonho Real ? Ce rêve que tu évoques, c’est le tien ?
C’est le rêve de tous ceux qui vivent de leur passion ! Je pense que dans un monde très capitaliste où tout le monde doit être irréprochable et avoir des métiers incroyables, gagner beaucoup d’argent et construire des choses, on finit par oublier un peu nos passions premières. Qui sont celles qui nous aident à évoluer et aide à faire évoluer la société dans son ensemble, le bien être de tout le monde. Tous ceux qui arrivent à vivre de leur passion aujourd’hui, et ça ne veut pas forcément dire gagner beaucoup d’argent ou réussite, passion veut juste dire passion. Ceux qui vivent de ceux j’imagine qu’ils sont plus épanouis et heureux de ce qu’ils font. Et je crois qu’on peut avoir plus d’impact sur la société dans cet état d’esprit là. On peut-être plus avenant, plus solidaire et je crois que c’est vraiment le but dans la vie. Etre bien dans sa tête et dans sa peau pour pouvoir aider les autres.

Est-ce que tu as des souvenirs de ton premier contact avec ta passion à toi, la musique ?
Mon premier souvenir c’est celui que ma mère m’a mis dans la tête, littéralement parlant. Quand j’étais petite, j’étais hyperactive, je criais et sautais partout. A 6 ans ma mère m’a posé un saut en aluminium sur la tête pour que j’arrête de faire du bruit. Elle m’a dit « vas-y maintenant tu chantes ! ». Je chantais Nina Hagen, de Diana Ross dont ma mère avait les 45 tours avec ça sur la tête. J’entendais ma voix qui résonnait dans le seau en parcourant toute la maison. Je considère que c’était mes premiers cours de chant.
Sur ce troisième disque les sonorités traditionnelles ont l’air encore plus mises en avant ?
Oui, et je ne peux pas m’en empêcher ! J’ai passé 25 ans de ma vie au Brésil, et même si mes influences viennent de partout c’est quand même mon point de départ, mon pays. Cette musique-là va toujours sortir de moi. J’aime le sound system, les basses lourdes mais rien qu’avec mon accent, ma tête et ma façon de marcher le Brésil est bien présent malgré moi (rires) !
Tu as confié récemment que ce troisième album pourrait boucler la boucle du bossa muffin, peux-tu nous en dire plus ?
Le bossa muffin c’était l’envie de faire sonner les musiques traditionnelles différemment de ce à quoi les gens sont habitués. On a commencé avec l’album éponyme Bossa Muffin, ensuite on a évolué en intégrant de l’afro beat et du hip hop sur Mundo Meu… Là, on ramène à nouveau un peu plus le dub, le reggae et la musique traditionnelle brésilienne avec Sonho Real. Quand je dis que la boucle est bouclée c’est juste pour dire qu’après trois albums en quatre ans, je vais avoir envie d’aller explorer quelque chose de différent, m’orienter vers d’autres rythmes et d’autres sonorités ! Qui sait !
Qu’est-ce qui tourne dans tes oreilles en ce moment ?
Beaucoup de Thelonious Monk. Nous étions beaucoup sur la route ces derniers temps, on vient juste de rentrer d’Allemagne, on écoutait énormément de jazz. Attends, je regarde dans ma playlist ! J’écoute vraiment beaucoup de choses très différentes, dont Hiatus Kaiyote par exemple ! Wouah en fait je n’arrive pas à choisir !
Un souvenir particulier sur ce début de tournée ?
Impossible d’en choisir un puisqu’en gros c’est à chaque fois que je termine le concert. Je vois mes deux amis autour de moi, on regarde le public et on sent qu’ils sont contents, qu’ils ont passé un bon moment. On voit le sourire du public. Pour nous le plus important c’est que les gens vivent et participent au concert, pas simplement qu’ils le regardent. Puis, je me fais à chaque fois la remarque que j’ai une chance énorme d’avoir mon équipe autour de moi.
Tu es une personne fidèle…
Je suis fidèle avec tous mes proches. Pour moi, c’est indispensable pour construire.
Quelle collaboration te ferait rêver avec un artiste européen ?
Y’en a plein ! J’aimerai beaucoup faire une collaboration Damon Albarn ! Sinon je partirais plus de côté de l’Afrique avec Youssou N’Dour par exemple ! Et si un jour je décide de faire un album intégralement en français j’aimerais collaborer avec des auteurs français, comme Alexis H.K, Mathieu Boogearts ou Matthieu Chedid.

Tes idées s’aventurent partout !
Mais le bossa muffin c’est ça ! C’est la liberté ! Je revendique l’envie de vivre de ma passion et de faire ce que j’ai envie de faire !
Tes différentes tournées t’ont amené dans toute la France, des petits villages aux grandes villes, sur des scènes modestes et des salles prestigieuses, c’est important pour toi ?
Je ne suis pas ici depuis 10 ans pour rien (rires) ! On est toujours bien accueilli. Bien souvent les gens ne s’attendent pas à la musique qu’ils vont découvrir ! En général ils se souviennent de la musique brésilienne d’antan et donc pour eux c’est une découverte. C’est toujours un plaisir d’aller chez quelqu’un et d’apporter quelque chose de nouveau. J’ai choisi la France parce que malgré ce que l’on vit à l’heure actuelle avec le problème de la diversité, ça reste quand même cette notion, la diversité, le point de départ de la culture ici. La France a toujours accueilli les cultures venues d’ailleurs avec les bras ouverts. Les concerts sont pleins, même ceux des artistes venus d’ailleurs qui sont méconnus ici ! Je pense que c’est caractéristique de la France. J’aime apporter la musique de partout. Que les gens fassent la fête !
Un morceau qui te tient particulièrement à cœur dans cet album ?
Le premier peut-être, Se Ligue, où je parle d’une dame au Brésil qui a eu le malheur de dire qu’elle ne supportait plus les pauvres, parce qu’ils avaient désormais de l’argent pour voyager et s’offrir du parfum. Elle xpliquait qu’en voyage à New York elle avait croisé son gardien d’immeuble qui était lui aussi en visite… En gros je lui ai dit de se taire. « Taisez-vous madame ». Elle ne supportait pas non plus les gens qui viennent du Nord du Brésil, dont sont originaires mes parents. Je me sers dans cette chanson de toutes les langues du forro, qu’est la musique de là-bas, et en même temps je lui dis de se taire, donc double embrouille !

Pour finir, entre nous, la météo parisienne n’est pas trop insupportable ?
On s’habitue à tout ! Mais j’avoue que je suis souvent dans le Sud, au studio de Victor, à Salernes dans le Var ! Je ne souffre donc pas trop de l’hiver (rires) !

Le 27/01 à La Tuilerie à Bédarieux
Renseignements : La Tuilerie – Flavia COELHO
Site de Flavia : www.flaviacoelhomusic.com
Site du label PIAS : www.pias.com

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